Fréquence Mistral

Deux personnalités bas-alpines donnent leurs points de vue sur la Loi Macron


Vendredi 10 Juillet 2015 | Lu 769 fois

Loi Macron vue d’ici : dans la deuxième partie de notre reportage vous entendrez le point de deux acteurs locaux qui comptent : le député PS Christophe Castaner et le président du Medef Paca, Jean-Luc Monteil. Leurs avis sur cette loi convergent plus qu'il ne divergent.


Jean-Luc Monteil et Christophe Castaner @site de Jean-Luc Monteil
Jean-Luc Monteil et Christophe Castaner @site de Jean-Luc Monteil
Ils sont tous deux manosquins d’origine, fortement attachés à leur département et assument des rôles et mandats publics importants. Jean-Luc Monteil est président régional du Medef. Christophe Castaner est le député-maire de Forcalquier.
On pourrait, on devrait, les croire très différents : le patronat d’un côté, le parlementaire socialiste de l’autre. Avec la Loi Macron, définitivement adoptée hier et qui entend amener la croissance économique, des points de convergence peuvent-ils apparaître ? C’est ce qu’a voulu savoir notre journaliste Camille Garcia en questionnant Jean-Luc Monteil et Christophe Castaner. Relance économique, droit du travail, indemnités de licenciement et autres sujets sont développés par le militant du Medef et le député socialiste.

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loi_macron_part_2_.mp3 Loi Macron part 2 .mp3  (24.9 Mo)


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A l’heure où la loi Macron a été définitivement adoptée, avec une troisième utilisation du 49.3, deux acteurs de notre territoire investis dans la vie politique se sont prêtés au jeu des questions, D’un côté Christophe Castaner, le député-maire de Forcalquier qui connait bien la loi Macron puisqu’il en fut le rapporteur, chargé notamment du volet investissement et innovation. De l’autre, Jean-Luc Monteil, président du syndicat patronal le Medef Paca et membre du comité exécutif national. Alors que l’on pourrait les croire très différents: le patronat d’un côté, le parlementaire socialiste de l’autre, la Loi Macron, qui entend ramener la croissance, l’activité et l’égalité des chances, semble aussi ramener la convergence entre les deux hommes. Seul point de désaccord réel : le plafonnement des indemnités de licenciements aux Prud'hommes. Ci-dessous, quelques extraits de verbatim sur les sujets épineux de cette loi.
 
Le plafonnement des indemnités aux Prud’hommes : le point de désaccord
 
Pour Christophe Castaner, il s’agit d’un des sujets  qu’il « ne partage pas dans cette loi », même s’il pense que les conséquences seront plutôt favorables.
Pour Jean-Luc Monteil, il s’agit d’un non-sujet puisque « rien ne dit que le plafonnement ou le plancher, si la faute de l’employeur est reconnue, viendra générer un gain pour le salarié ou l’employeur (…) J’aimerais que l’on fasse confiance aux juges… »
 
 L’utilisation du 49.3
 
Pour le responsable du Medef Paca, puisque c’était « constitutionnellement possible, ils ont bien fait de le faire.» En revanche il s’interroge sur la pertinence de la loi Macron, « ce gouvernement fait de bonne analyses sur la loi Macron ou la loi NOTRe, mais lorsqu’on a finit de tergiverser (…) on arrive à des solutions fades… »
Le député socialiste parle lui « d’un dialogue de fond » et préfère pointer les  « 400h de débats et les plus de 2000 amendements (…) je n’ai jamais vu ça ». Et de saluer la flexibilité d’Emmanuel Macron, « un ministre qui accepte que des amendements transforment sa loi ». Il déplore que peu l’aient lu et qu’elle ait servi « d’épouvantail » à de nombreux détracteurs. 
 
Le travail le dimanche
 
Pour les deux édiles, les 12 dimanches travaillés basés sur le volontariat répondent à un impératif : l’évolution de la société. Tous deux prennent en exemple Paris, grande perdante dans le cœur des touristes au profit de Londres. La faute, selon eux, aux boutiques closes « quand tout est fermé, ce n’est pas très sexy pour les touristes », souligne Jean-Luc Monteil. Christophe Castaner, de son côté, assure que la loi Macron permettra aussi à tous les salariés travaillant le dimanche de bénéficier d’« une revalorisation salariale » non obligatoire jusqu’alors. Quant au volontariat -relatif en temps de crise : un employé peut-il vraiment refuser de travailler le dimanche aujourd'hui ?-  dénoncé notamment  par Martine Aubry dans une tribune au Monde intitulée « Ne réduisons pas l’existence à la consommation », Christophe Castaner concède, « le principe c’est le libre choix, la réalité est un peu différente (…) c’est aussi pour ça qu’il faut renforcer le poids du dialogue syndical dans l’entreprise. »
 
Une loi qui dépasse les clivages politique ?
 
En attendant les ennemis d’antan qu’ont parfois été Medef et PS semblent avoir trouvés en la loi Macron un terrain d’entente libéré (ou libéral ?) des clivages politiques habituels. Dans un communiqué sur son blog, l’élu Ps soulignait d’ailleurs que « cette loi ne sert qu’un intérêt : l’intérêt général. Elle vise à améliorer concrètement et rapidement la vie des Français. Si cette loi fait autant parler, c’est en effet qu’elle bouscule, mais c’est une loi conçue pour créer et développer l’attractivité avec des effets concrets pour les ménages et pour les entreprises. C’est une loi qui dépasse les clivages politiques ». Pas au sein du parti majoritaire socialiste, puisque la Loi Macron a clivé les députés PS fidèles au gouvernement Valls d'un côté et les députés Ps dits frondeurs et opposés "au social-libéralisme" de l'autre. Fronde  restée dans le champs sémantique : aucun des députés frondeurs n'a accepté de signer la motion de censure déposée par le Front de Gauche et de certains écologistes contre le gouvernement, et encore moins celle des Républicains et de  l'UDI...

Fidélité à la majorité gouvernementale oblige ou limite de notre démocratie ?

Camille Garcia

 N.B :
A l’heure où nous écrivons ces lignes, nous apprenons que le gouvernement a accepté d’enrichir la loi Macron d’un amendement sur les déchets radioactifs. A l’initiative du sénateur de Moselle, Gérard Longuet (Les Républicains), l’amendement entérine le projet d'enfouissement des déchets radioactifs Cigeo (Centre industriel de stockage géologique) situé à Bure (Meuse). Denis Baupin, vice-président de l'Assemblée Nationale et député Europe Ecologie Les Verts, s'est indigné que l'exécutif se précipite à « entériner une poubelle nucléaire sur un territoire - la Champagne - qui vient d'être classé au patrimoine de l'humanité.»
 
Pour compléter:

Le 49.3, arme fatale de la démocratie ?

Liens utiles :
 
Le communiqué de presse de Christophe Castaner sursa nomination de rapporteur de la Loi Macron
http://www.christophe-castaner.fr/christophe-castaner-nomme-rapporteur-sur.html
 
Le site de Jean-Luc Monteil
http://jean-luc-monteil.com/
 
L’article du Parisien sur l’amendement sur les déchets radioactifs
http://www.leparisien.fr/politique/un-amendement-sur-les-dechets-radioactifs-glisse-dans-la-loi-macron-09-07-2015-4931853.php#xtref=http%3A%2F%2Fwww.google.fr%2Furl%3Fsa%3Dt%24rct%3Dj%24q%3D%24esrc%3Ds%24source%3Dweb%24cd%3D2%24ved%3D0CCUQqQIwAQ%24url%3Dhttp%253A%252F%252Fwww.leparisien.fr%252Fpolitique%252Fun-amendement-sur-les-dechets-radioactifs-glisse-dans-la-loi-macron-09-07-2015-4931853.php%24ei%3DcO2eVfzRCMf0UuC-rIgL%24usg%3DAFQjCNHNGdnlHCInyyjKCMpE_GvO5ititA%24bvm%3Dbv.96952980%2Cd.d24
 
La tribune de Martine Aubry sur Le Monde
http://www.lemonde.fr/idees/article/2014/12/10/ne-reduisons-pas-l-existence-a-la-consommation_4537701_3232.html
 



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